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Les courses de voitures à pédales en France : de la nostalgie au phénomène sportif ?

Metal5 Le Blog Les Courses De Voitures A Pedales En France Hd

Les courses de voitures à pédales connaissent un engouement grandissant en France. Imaginez un instant des bolides miniatures, faits main, s’élançant en silence au détour d’une rue de village ou sur la place d’une petite ville. Pas de rugissement de moteur, mais des rires, des applaudissements, et le cliquetis des chaînes de pédalier. Ce qui n’était au départ qu’un jouet d’enfant est devenu un véritable phénomène mêlant nostalgie, créativité artisanale et compétition sportive. Dans cet article, nous parcourons l’évolution de cette pratique insolite depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui : de l’apparition des petites voitures à pédales il y a un siècle, à la structuration d’un championnat de France animé par la FFCVP, en passant par des exemples de courses récentes hautes en couleur. Nous analyserons également les raisons de l’engouement actuel – accessibilité, ambiance festive, inventivité, dimension écologique – et nous ouvrirons sur les perspectives d’avenir d’une discipline qui allie humour et performance.

Aux origines : du jouet d’enfant à la première course de voiture

Les voitures à pédales font leur apparition dès les débuts de l’automobile, au début du XXᵉ siècle. De grands constructeurs n’hésitent pas alors à produire de petites répliques de leurs modèles, destinées aux enfants de familles aisées, souvent à des fins publicitaires. En France, la première véritable voiture à pédales pour enfant voit le jour en 1922, conçue par un ingénieur de la marque Eurêka. Durant l’entre-deux-guerres et jusqu’aux années 1960, ces voiturettes constituent un rêve d’enfant très répandu. La firme normande Kratz-Boussac (Eurêka) en a d’ailleurs commercialisé de 1923 jusqu’au début des années 1970, témoignant de la popularité de ces jouets à l’époque. Par la suite, l’essor des karts à pédales plus simples et la transformation des loisirs des jeunes ont rendu ces petites autos moins courantes.

Si les premières compétitions de voitures à pédales restent difficiles à dater précisément, l’idée de faire courir ces engins germe dans la deuxième moitié du XXᵉ siècle. Outre-Manche, on organise même dès 1960 une course d’endurance de 24 heures dédiée aux voitures à pédales : preuve que le concept de course sans moteur a rapidement séduit les amateurs de défis insolites. En France, c’est au début des années 1980 que la pratique prend un tournant sportif. Une anecdote fondatrice évoque un appel lancé en 1982 aux bricoleurs pour construire des voitures en vue d’une course à Vimoutiers, en Normandie – événement à la suite duquel naîtra la première fédération dédiée. Ce passage du simple jouet à la compétition organisée marque le point de départ d’une aventure fédératrice, où le ludique va peu à peu côtoyer le sportif.

De l’amusement à la compétition : la structuration avec la FFCVP

En 1982 est créée la Fédération Française des Clubs de Voitures à Pédales (FFCVP), association loi 1901 qui va structurer et développer la discipline. Plus de 40 ans plus tard, son dynamisme se lit dans les chiffres : plus de 2 200 voitures à pédales ont été construites en France (avec environ 120 nouveaux bolides réalisés chaque année ces dernières années) et pas moins de 400 pilotes y participent régulièrement. La FFCVP organise un véritable championnat national annuel, avec des épreuves disputées aux quatre coins du pays. En 2023, par exemple, 22 courses figuraient au calendrier du championnat de France, témoignant d’une activité soutenue. Bien que la FFCVP ne soit pas une fédération sportive délégataire au sens strict (elle relève du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation populaire, et non du ministère des Sports), elle affiche fièrement un « Championnat de France » et une « Coupe de France » qui rassemblent les meilleures équipes du pays. Dès ses débuts, des championnats ont été instaurés pour fidéliser les participants – même si ces titres restent honorifiques et sans reconnaissance officielle, l’essentiel est ailleurs : le plaisir de la rencontre et du défi technique.

Parallèlement à la FFCVP, d’autres associations ont vu le jour, témoignant de la vitalité locale de ce loisir. Ainsi, la Fédération de la Voiture à Pédalier (FeVP) regroupe plusieurs clubs dans différents départements (Eure-et-Loir, Morbihan, Indre-et-Loire, Sarthe, etc.) et organise également des courses régionales. Néanmoins, c’est bien la FFCVP qui chapeaute l’essentiel des compétitions adultes en France, en fixant des règles communes (règlements techniques, sécurité, etc.) et en fédérant un réseau d’associations locales actives. Chaque équipe en course est composée de 1 à 4 pilotes se relayant pour pédaler, et le règlement innovant accorde autant d’importance à la performance sportive qu’à la présentation : en effet, 50 % du résultat dépend du nombre de tours parcourus et 50 % de la note de look et d’ambiance attribuée par le jury. Cela en dit long sur l’ADN de la discipline, à mi-chemin entre la compétition sérieuse et le spectacle bon enfant.

Des compétitions hautes en couleur aux quatre coins du pays

Depuis les années 2000, les courses de voitures à pédales se sont multipliées un peu partout en France, souvent à l’occasion de fêtes locales ou d’événements sportifs alternatifs. Le championnat de France se décline en de nombreuses manches régionales, offrant un spectacle itinérant du printemps à l’automne. Chaque course est une fête en soi : le dimanche en centre-ville, des stands d’équipes décorés selon des thèmes délirants, des pilotes déguisés, de la musique et des animations pour le public… le tout avant même le coup d’envoi de la course. Les départs se font généralement en fin d’après-midi pour quelques heures d’épreuve, parfois jusqu’à la tombée de la nuit.

Championnat de France de course à pédales à Chamalière et Ceyrat

Prenons quelques exemples récents. En 2022, le Grand Clermont (Puy-de-Dôme) a renoué avec ses traditionnelles courses à pédales après quelques années d’interruption dues au Covid. Le temps d’un week-end, Chamalières et Ceyrat ont accueilli deux manches du championnat de France sous le signe de la détente et de l’humour, renouant avec une tradition locale très attendue. Sur un circuit urbain de 2 heures, une vingtaine de voitures étaient en lice, la plupart concourant pour le championnat tandis que quelques équipes « wild card » locales s’ajoutaient pour le fun. Les rues furent partiellement fermées pour laisser place à ces bolides extravagants, et l’entrée libre a permis à de nombreux curieux de venir visiter les paddocks et encourager les « pédaleurs ». Les vainqueurs du jour ont été désignés non seulement sur la distance parcourue (un classement vitesse classique), mais aussi sur le look des véhicules et l’originalité des concurrents, avec des prix spéciaux récompensant les plus beaux engins et les équipes les plus animées.

Une caisse « Pokémon » en course au Mans

En juillet 2023, c’est dans le quartier de Pontlieue au Mans qu’une course a fait sensation. 17 équipes étaient engagées pour cette 8ᵉ épreuve du championnat de France 2023, un 14 juillet pas comme les autres où vitesse et esthétisme comptaient à parts égales. Parmi les voitures en compétition ce jour-là, on a pu apercevoir une caisse aux couleurs de Pokémon acclamée par les enfants du public, preuve que la culture pop s’invite volontiers sur la grille de départ. La presse locale a souligné combien cette course mancelle était « aussi drôle qu’écolo », et effectivement, voir débouler ces véhicules farfelus sans bruit de moteur a de quoi surprendre et ravir les spectateurs de tous âges.

Parade des voitures à Châteaubernard

Dans le sud-ouest, la ville de Châteaubernard, en Charente, a découvert les voitures à pédales pour la première fois en 2022, et l’initiative a été reconduite en juin 2023. Lors de cette 8ᵉ manche du championnat de France 2023, 20 voitures venues de toute la France (Côtes-d’Armor, Manche, Orne, Loiret, Doubs, Indre-et-Loire, Landes, etc.) ont envahi la place publique pour une course de 2h30 en soirée. L’organisation locale – le comité des fêtes appuyé par plusieurs associations – a joué le jeu à fond : stands à thème, équipages déguisés, parade des voitures avant le départ, et même un repas festif en plein air après la course pour prolonger la convivialité. « Les sportifs font les clowns et les clowns font du sport » proclame la devise de la Fédérationville-chateaubernard.fr, et c’est exactement l’esprit qu’ont pu apprécier les familles venues encourager des machines plus délirantes les unes que les autres, dans une atmosphère bon enfant. Le succès populaire fut au rendez-vous, avec un spectacle gratuit qui a attiré un nombreux public, preuve que la formule séduit bien au-delà du cercle des initiés.

Cadillac-sur-Garonne, terrain de jeu des voitures pop

Plus récemment, le 1er mai 2025, la commune de Cadillac-sur-Garonne (Gironde) a elle aussi vibré au rythme des roues et des pédales. Intégrée aux festivités locales, la course organisée face au château a réuni des équipes venues de diverses régions, chacune rivalisant d’ingéniosité pour proposer un véhicule unique alliant esthétique et performance. Certaines voitures arboraient des designs inspirés de la pop culture (on a notamment repéré une petite Batmobile noire avec son pilote affublé du costume de Batman), tandis que d’autres misaient sur l’aérodynamisme pour maximiser la vitesse. Les pilotes, vêtus de costumes assortis à leur bolide, ajoutent une touche de spectacle haute en couleur à l’événement. Sous les encouragements du public massé le long du circuit urbain, les concurrents ont dû faire preuve d’endurance et de stratégie pour boucler le parcours jusqu’au drapeau à damier. Au final, chacun a pu repartir la tête pleine de souvenirs, en attendant les prochaines étapes du championnat annoncées sur le site de la FFCVP.

Véhicules à pédales venus d’Europe pour l’unique course normande

Ces événements illustrent la dimension nationale et même internationale qu’a prise la discipline. En 2025, par exemple, la petite ville de Lion-sur-Mer, sur la côte normande, accueille une manche du championnat de France – la seule prévue en Normandie cette année-là – avec au moins 20 bolides en course, venus de toute la France et même d’Italie et de Tchéquie. La FFCVP collabore en effet avec ses homologues européens : depuis quelques années, des épreuves communes forment un championnat d’Europe officieux. En 2023, des équipes françaises ont même traversé la Manche pour participer aux courses de la British Pedal Car Association, découvrant à l’occasion le style anglais axé uniquement sur la vitesse et l’endurance pure (alors qu’en France, on l’a vu, l’aspect créatif compte dans les résultats). À l’inverse, des écuries étrangères n’hésitent pas à venir se mesurer aux Français lors de nos courses hexagonales – ce fut le cas en Normandie, et aussi lors de la manche européenne organisée à Valentigney en Franche-Comté. Preuve que la voiture à pédales tisse des liens au-delà de nos frontières, un projet Erasmus+ a même été lancé par la FFCVP pour échanger avec d’autres pays sur cette pratique originale.

Notons que la comparaison avec les “caisses à savon” (courses de descentes sans moteur) revient souvent dans l’esprit du public. Pourtant, les initiés insistent : « Rien à voir en effet. Les courses de caisses à savons sont très courtes et un peu folkloriques… Mais quand on parle de courses de voitures à pédales, on parle d’un vrai sport », souligne le président de la FFCVPhebdo25.net. En effet, ici les épreuves se déroulent sur du plat ou des circuits urbains, et peuvent durer de 2h30 jusqu’à 24h selon les événements, avec parfois un seul pilote, parfois quatre qui se relaient comme dans une course d’endurancehebdo25.net. L’aspect festif et bricolage rapproche ces deux loisirs, mais la voiture à pédales version FFCVP se vit sur la durée, avec des relais, des stands et une véritable gestion de course digne des sports mécaniques – à la différence près que l’énergie est fournie par les mollets et non par l’essence. Cette dualité unique, mi-clown mi-sportif, fait tout le sel des courses de VAP (voitures à pédales, comme les appellent les initiés).

Pourquoi un tel engouement aujourd’hui ?

Qu’est-ce qui explique le succès actuel des courses de voitures à pédales en France ? Plusieurs facteurs se conjuguent pour attirer un public et des participants toujours plus nombreux :

  • Une activité accessible et inclusive :

Nul besoin d’être pilote professionnel ni d’investir des fortunes pour se lancer. La discipline est avant tout amateur et ouverte à tous. Il suffit d’un peu de matériel de récupération, de débrouillardise et de quelques notions de mécanique pour construire sa propre voiture à pédales, puis de respecter le règlement technique élémentaire. « Tout le monde peut construire sa voiture : groupe de copains, association, lycée, familles, clubs sportifs… il suffit de savoir bricoler un peu. La Fédération peut vous accompagner dans ces démarches » souligne le président de la FFCVP. L’engagement financier reste modeste comparé à n’importe quel sport automobile, et même comparé à d’autres loisirs cyclistes. De plus, les courses sont généralement ouvertes à tous sans distinction : n’importe quelle équipe peut s’inscrire à une manche, indépendamment de son palmarès, de son âge ou de son genre. Cette grande accessibilité élargit considérablement la base des participants potentiels.

  • Une ambiance conviviale, festive et intergénérationnelle :

Les courses de VAP sont de véritables fêtes populaires. Elles se déroulent souvent dans le cadre de foires, de fêtes de village ou d’animations de quartier, dans une atmosphère de kermesse où l’on vient en famille ou entre amis. Les maîtres-mots sont la bonne humeur et le partage. « Convivial, sportif, festif, innovant, coloré, écologique… afin de présenter un spectacle insolite aux spectateurs. Rires et ambiance garantis », promet la FFCVP elle-même lorsqu’elle promeut ses événements. L’humour y occupe une place centrale : on vient autant pour performer que pour délirer. Les pilotes ne se prennent pas au sérieux, n’hésitant pas à chambrer les adversaires ou à jouer les clowns pendant la parade. Ce cocktail de compétition bon enfant et de franche camaraderie donne aux courses une saveur unique. Les anciens apprécient l’esprit rétro qui flotte autour de ces véhicules d’antan, tandis que les plus jeunes y trouvent un spectacle vivant et coloré. Cette dimension intergénérationnelle est un atout majeur : on voit souvent plusieurs générations d’une même famille s’impliquer ensemble (enfants dans l’équipe de mécanos, parents au pilotage, grands-parents supporters sur le trottoir).

  • Une créativité sans limite :

Les voitures à pédales de course ne ressemblent à aucune autre. Chaque équipe redouble d’imagination pour concevoir le bolide le plus original possible, quitte à sacrifier un peu l’aérodynamisme pour épater la galerie. Certaines constructions sont de véritables œuvres d’art roulantes, arborant des thèmes loufoques ou des clins d’œil à la culture populaire. D’autres adoptent un look plus sérieux mais intègrent des trouvailles techniques ingénieuses. Dans tous les cas, l’inventivité est encouragée et valorisée : rappelons que le jury attribue la moitié des points au critère de créativité/ambiance. « Chaque équipe rivalise d’ingéniosité pour concevoir des véhicules originaux, alliant esthétique et performance » rapporte un journaliste lors d’une course en 2025. Car il y a un véritable défi technique à faire rouler ces machines : il faut qu’elles soient suffisamment robustes pour tenir la distance, assez légères pour ne pas épuiser les pilotes, tout en respectant les dimensions et la sécurité. Ce savant équilibre technique et artistique stimule l’intérêt d’un public de plus en plus large, y compris parmi les passionnés de mécanique et de design. Construire et peaufiner son bolide est presque aussi grisant que courir avec.

  • Un sport propre et dans l’air du temps :

À l’heure de la transition écologique, cette discipline fait figure d’alternative verte aux sports mécaniques traditionnels. Ici pas de carburant fossile, pas d’émissions polluantes ni de vacarme assourdissant : la propulsion est 100 % humaine, la seule énergie dépensée étant quelques calories de sueur. « Un événement parfaitement propre en plus d’être ludique », notait avec malice un média local en parlant d’une course à pédales, par contraste avec les courses automobiles polluantes pointées du doigt par certains. Cet argument écologique résonne favorablement auprès du grand public et des municipalités, qui y voient un loisir sportif aligné avec les valeurs de développement durable. De plus, le silence relatif des courses (hormis la musique et les encouragements !) permet de s’installer en cœur de ville sans trop de contraintes sonores. Les collectivités apprécient ainsi proposer un spectacle familial, fédérateur et écologique, là où une course motorisée serait impossible. L’absence de moteur réduit également drastiquement les coûts et les risques : un point rassurant pour les organisateurs comme pour les participants.

  • Des sensations et du défi sportif :

Il ne faut pas s’y tromper, piloter une voiture à pédales en compétition est physiquement exigeant. Les pilotes – souvent des cyclistes amateurs ou des sportifs curieux – s’entraînent pour améliorer leur endurance et leur puissance de pédalage. Sur une course de 2 ou 3 heures, les relais s’enchaînent toutes les 15 à 30 minutes, et maintenir un rythme élevé demande un bel effort. Les équipes élaborent de vraies stratégies de course (gestion des relais, choix du développement pour les pédaliers, trajectoires optimales sur le circuit urbain parfois sinueux…). Pour beaucoup d’adeptes, c’est un moyen de retrouver l’adrénaline de la compétition dans un cadre détendu. « C’est festif et on respecte tout à fait cela… mais on parle d’un vrai sport », rappelle la FFCVP. La présence de chronométrage, de classements, de trophées régionaux et d’un championnat national motive un esprit de compétition sain entre les clubs. Ainsi, la voiture à pédales offre à la fois le fun d’une kermesse et le frisson d’une course, un mélange rare qui séduit de plus en plus de monde.

Perspectives d’avenir pour la discipline

Après quatre décennies d’existence fédérée, les courses de voitures à pédales semblent promises à un bel avenir en France. L’engouement actuel ne montre pas de signes de ralentissement, bien au contraire. Chaque année, de nouvelles équipes se forment, de nouvelles voitures originales sortent des ateliers et de nouvelles communes tentent l’expérience d’accueillir une manche du championnat. La FFCVP ne cache pas ses ambitions de développement : « Pour développer notre sport, il faudrait en effet être accueillis dans de plus grandes villes tout en préservant l’état d’esprit convivial qui nous a permis de grandir », explique son président. Jusqu’à présent, les courses se déroulaient majoritairement dans des villes petites ou moyennes, souvent en milieu rural ou périurbain. Voir des voitures à pédales débouler en plein centre d’une métropole offrirait un coup de projecteur inédit à la discipline – à l’image de ce qui a pu se faire avec les courses de caisses à savon dans certaines capitales. Des contacts sont en cours avec plusieurs municipalités audacieuses prêtes à tenter l’aventure, convaincues par le succès populaire et l’image positive véhiculée par ces événements.

Sur le plan technologique et médiatique, la voiture à pédales fait aussi sa mue. Depuis 2023, la fédération retransmet en direct les courses sur Internet : grâce à des bénévoles vidéastes, chaque épreuve est filmée et diffusée en streaming sur une chaîne YouTube dédiée. Cette diffusion en direct, avec commentaires, permet de toucher un public plus large, y compris des passionnés éloignés géographiquement. Les réseaux sociaux relaient par ailleurs largement les photos et les résultats, accentuant la visibilité de ce sport pas comme les autres. Il n’est pas rare qu’une vidéo amusante de dépassement en voiture à pédales devienne virale, contribuant à la notoriété grandissante de la discipline auprès du grand public.

L’ouverture internationale est une autre perspective notable. La FFCVP travaille de concert avec des partenaires européens (Royaume-Uni, Belgique, Italie, République tchèque, etc.) pour harmoniser les règles et organiser des rencontres transfrontalières. Des championnats d’Europe informels existent déjà, et on peut imaginer à terme une véritable Coupe d’Europe de la voiture à pédales, tant les échanges s’intensifient. Les clubs français adorent aller se frotter aux voisins et inversement, ce qui stimule l’amélioration du matériel et du niveau sportif de tous. À plus long terme, pourquoi ne pas rêver d’une course de 24 heures française de renom, sur le modèle de celle organisée en Angleterre depuis des décennies ? Certains y pensent tout bas, se disant qu’un « 24h du Mans… à pédales » serait un formidable clin d’œil écolo à la plus célèbre course automobile du monde. Techniquement, quelques équipes en seraient déjà capables, comme l’a montré une tentative de course de 48 heures organisée en 2021 dans le Doubs.

Enfin, la pérennité de la discipline passera par l’implication des jeunes générations. Sur ce point, les voyants sont au vert : de nombreux jeunes se prennent de passion pour ces engins rigolos, souvent grâce à des projets pédagogiques. Des lycées techniques montent des ateliers où les élèves conçoivent une voiture à pédales dans le cadre d’un projet scolaire, mariant mécanique, design et travail d’équipe. Ces jeunes constructeurs deviennent souvent les pilotes de demain, assurant la relève dans les clubs. L’objectif de la FFCVP est de transmettre cet esprit à la fois bricoleur et sportif aux plus jeunes, pour qu’ils continuent à faire vivre les courses de VAP dans les années à venir.

En conclusion, la tendance des courses de voitures à pédales en France illustre à merveille le pouvoir de la créativité et de la convivialité dans le sport. Nées de la nostalgie des jouets d’antan, dopées par l’enthousiasme d’associations locales et la structure fédérative, ces courses atypiques ont su évoluer sans perdre leur âme. Accessibles, écolos, ludiques et pourtant sportivement exigeantes, elles rassemblent un public varié d’amoureux de la petite reine version quatre roues. L’engouement actuel, porté par les valeurs de partage et d’imagination, laisse présager un bel avenir pour ces bolides à chaînes. Comme le résume si bien la devise des « fêlé-e-s des voitures à pédales » : chez nous, les sportifs font les clowns et les clowns font du sport. Longue vie aux voitures à pédales, et rendez-vous sur la ligne de départ pour de nouvelles aventures à toute… allure humaine !

Sources :

  • Fédération Française des Clubs de Voitures à Pédales (FFCVP) – Présentation, règlement, calendrier :
    https://ffcvp.com/
  • France Bleu – « Chamalières et Ceyrat retrouvent le championnat de France de voitures à pédales » (2022) :
    https://www.francebleu.fr/infos/insolite/chamalieres-et-ceyrat-retrouvent-le-championnat-de-france-de-voitures-a-pedales-1659424294
  • Sud Ouest – « Voitures à pédales : retour en images sur une course originale à Cadillac » (2025) :
    https://www.sudouest.fr/gironde/cadillac/cadillac-retour-en-images-sur-une-course-originale-de-voitures-a-pedales-18276657.php
  • Ouest-France – « Lion-sur-Mer. La course de voitures à pédales revient en force » (2025) :
    https://www.ouest-france.fr/normandie/lion-sur-mer-14780/lion-sur-mer-la-course-de-voitures-a-pedales-revient-en-force-6b9928ce-157e-11ee-a1bb-b8890e174b9e
  • La Nouvelle République – « Châteaubernard : la course de voitures à pédales a fait le plein » (2023) :
    https://www.lanouvellerepublique.fr/charente/chateaubernard-la-course-de-voitures-a-pedales-a-fait-le-plein
  • Le Maine Libre – « Le Mans. Une course de voitures à pédales aussi drôle qu’écolo » (2023) :
    https://www.lemainelibre.fr/le-mans-une-course-de-voitures-a-pedales-aussi-drole-qu-ecolo-11794
  • Reportage France 3 Bourgogne-Franche-Comté – « Voitures à pédales : quand les fêlés de la mécanique font la course à Valentigney » (2023) :
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/voitures-a-pedales-quand-les-feles-de-la-mecanique-font-la-course-a-valentigney-2787274.html
  • com – Dossier sur les voitures à pédales anciennes :
    https://www.retrocalage.com/archives_voituresapedales.php
  • Ville de Cadillac-sur-Garonne – Actualité événementielle (mai 2025) :
    https://www.ville-cadillac.fr/
  • France Bleu – « Une voiture à pédales “Batmobile” fait sensation à Cadillac » (2025) :
    https://www.francebleu.fr/infos/insolite/une-voiture-a-pedales-batmobile-fait-sensation-a-cadillac-9395741

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