Conseils d'expert

NOUVEAU CONTROLE TECHNIQUE : COMMENT DIMINUER LA POLLUTION D’UN MOTEUR DIESEL ?

Vous êtes sur le point de passer au contrôle technique et vous redoutez d’être recalé au contrôle pollution ? Vous souhaitez savoir s’il est possible de diminuer la pollution de votre moteur, et si oui comment ? Nos experts vous donnent ici quelques conseils pour pallier l’encrassement de votre diesel et vous faciliter le passage au contrôle technique !

Contrôle technique 2019 : une nouvelle réforme plus stricte envers les moteurs diesels

Comme vous le savez certainement, depuis le 1er juillet 2019, la nouvelle réforme du contrôle technique est entrée en vigueur et les moteurs diesel connaissent désormais un contrôle renforcé.

Cette nouvelle mesure a pour objectif de réduire drastiquement les émissions polluantes des véhicules diesel en traquant les véhicules dont les moteurs sont encrassés et les composants fatigués.

Le FAP (filtre à particules) est particulièrement entré dans le viseur du gouvernement, qui souhaite lutter contre sa suppression illégale. Des opacimètres plus sensibles pourront ainsi détecter les véhicules les plus polluants et ceux qui trichent en retirant leur FAP.

Face à toutes ces nouvelles normes et restrictions, il est important de comprendre les risques et les causes d’un moteur encrassé, mais surtout les différents moyens d’y remédier.

Quels sont les risques d’un moteur encrassé ?

Un moteur encrassé se traduit souvent par les symptômes suivants :

> une augmentation de la consommation,

> une baisse des performances et de la puissance,

> une hausse des émissions polluantes avec l’apparition plus ou moins importante de fumées noires,

> un démarrage plus difficile et un risque de panne liée au grippage des injecteurs ou au colmatage des soupapes, du filtre à particules ou encore de la vanne EGR

> le témoin de dépollution qui s’allume même partiellement au tableau de bord.

Si vous constatez l’un ou plusieurs de ces symptômes, votre véhicule est probablement encrassé et vous risquez d’être recalé au contrôle technique anti-pollution.

En effet, la majorité des pannes sur les moteurs Diesel récents proviennent de l’encrassement des organes situés sur la chaine de dépollution. Et quand on sait que le remplacement d’un seul composant se monte au minimum à plusieurs centaines d’euros, voire plusieurs milliers d’euros, on comprend l’importance d’en limiter ses principales causes et de réaliser régulièrement un bon nettoyage.

Quelles sont les principales causes d’encrassement du moteur ?

Les carburants :

Il s’agit de la première cause de l’encrassement. Tous les carburants, essences ou Diesel, répondent aux normes administratives en vigueur mais ils sont de qualité très hétérogène selon les marques et les lieux de distribution. Ces différences de qualité nuisent au bon fonctionnement des moteurs et perturbent les réglages d’origine.

L’eau :

La pire ennemie des moteurs. Invisible, elle est présente dans tous les carburants, et quelles que soient les précautions prises, on ne peut empêcher son apparition.

L’eau de condensation : elle résulte des écarts de température et de l’humidité ambiante. Elle se dépose dans les cuves des stations-services, dans les réservoirs, les chambres de combustion ou les circuits d’alimentation des automobiles.

L’eau accidentelle : elle peut pénétrer dans les réservoirs par les durites de remplissage ou les dispositifs de mise à l’air libre, à l’occasion d’un plein sous la pluie.

L’eau dans le Diesel : Contrairement à l’essence qui repousse l’eau, le Diesel l’absorbe et se mélange intimement avec elle risquant de perturber, voire d’abîmer gravement, la pompe à injection et les injecteurs

Bon à savoir :

L’eau que l’on retrouve dans le carburant est à 99% de l’eau de condensation, l’eau accidentelle provient habituellement d’une fuite dans une cuve. Avec les clapets de refoulement, il est presque impossible que l’eau puisse pénétrer dans les réservoirs lors d’un plein.

C’est donc la partie végétale du carburant qui absorbe l’eau, il peut y en avoir autant dans l’essence que dans le gazole car tous les carburants aujourd’hui possèdent une partie végétale (SP95 et SP98 : 5% d’éthanol, SP95 E10 : 10 % d’éthanol, E85 : 85%, Gazole B7 : 7%, gazole B10 : 10% nouvelles dénominations de carburants)

La différence avec l’essence est que l’eau réduit la lubrification, or la pompe et les injecteurs des diesels n’apprécient pas du tout cette baisse de lubrification du fait de la pression beaucoup plus importante (de 100 bars pour les anciens à plus de 2OO bars pour les moteurs actuels).

Toutefois, les véhicules essence n’échappent pas non plus au grippage d’injecteur bien au contraire…

 

La conduite urbaine et les embouteillages :

En zones urbaines, les voitures sont généralement utilisées sur des trajets courts et les moteurs atteignent rarement leur température idéale de fonctionnement (90°C) et ils brûlent très imparfaitement le mélange air-carburant. Comme ce mélange est enrichi au démarrage, la combustion incomplète produit des résidus carbonés dont une partie est évacuée à l’échappement mais du reliquat se dépose dans les parties métalliques du moteur.

La réglementation antipollution :

Elle privilégie la lutte contre la pollution au détriment de la propreté des moteurs. Pour lutter contre la pollution, le législateur a obligé les constructeurs à adopter différentes solutions techniques devenues aujourd’hui très pointues et ne supportant plus l’a peu près.

C’est la combustion au cœur de votre moteur qui est responsable des dépôts d’imbrulés carbonés et de suies grasses, provoquant un encrassement du circuit complet de dépollution (haut moteur, vanne EGR, recyclage et admission d’air, Turbo, FAP)

L’encrassement empêche le moteur de fonctionner normalement, et si les dépôts de suies ne sont pas éliminés régulièrement, les rejets polluants augmentent considérablement et pouvant provoquer des pannes onéreuses.

Nos conseils d’experts pour limiter l’encrassement

Il est important de savoir qu’au départ ce sont toujours les injecteurs qui s’encrassent en premier, et ensuite ce sont les conditions d’utilisation qui accentuent le phénomène. Pour cette raison, nous vous conseillons de nettoyer régulièrement vos injecteurs avec un produit adapté.

Par ailleurs l’encrassement du moteur survient également à cause des petits trajets quotidiens effectués à vitesse réduite avec un moteur froid. C’est pourquoi nous vous conseillons d’emprunter l’autoroute et de rouler à haut régime à une vitesse d’environ 130 km/heure, soit une approximation de 3.000 tours par minute pendant 15 minutes afin de brûler la calamine accumulée dans la ligne de combustion.

Vous pouvez également procéder à un nettoyage complet et régulier de votre système de combustion à l’aide d’un additif moteur spécifique et adapté à injecter dans le réservoir de carburant.

L’utilisation régulière d’additifs pour nettoyer tout le système d’alimentation permet de conserver les performances d’origine du moteur et, de ce fait, de limiter les émissions polluantes à l’échappement.

 

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